Hsipaw, chez les montagnards

  Du lac Inlé, nous prenons un bus de nuit jusqu’à Hsipaw. Nous découvrons le « trafic jam » des montagnes birmanes : les voies dans les deux sens complètement bloquées pendant plusieurs […]

 

Du lac Inlé, nous prenons un bus de nuit jusqu’à Hsipaw. Nous découvrons le « trafic jam » des montagnes birmanes : les voies dans les deux sens complètement bloquées pendant plusieurs heures. Résulat = 6h de retard sur un trajet initialement prévu de 12h…. Bonne moyenne !

Hsipaw est une petite ville tranquille, on commence à ressentir un peu plus le pays. Le tourisme se fait sa place mais n’est pas prépondérant. Les birmans sont plus accessibles malgré la barrière de la langue.

 

A croire que cela devient une habitude, on loue des vélos pour se balader dans les environs. Nous sommes parfois orientés par des enfants et nous avons même droit à un « mini-moine » (le vrai terme est moinillon) comme guide sur un chemin.

 

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Hsipaw est également un base idéale pour une rando au travers de la montagne jusqu’aux villages Shan et Palaung. Guidés par celui que nous nommerons ici « John » et accompagnés par Cécile et Aurélien, deux tourdumondistes aussi, nous partons pour 2 jours. Le trek en lui même n’a rien de transcendant, environ 5h de marche par jour et assez peu de « très » jolis paysages. Nous sommes sur la fin de la saison sèche et ça se voit ! La culture sur brulis étant beaucoup pratiquée, certains passages offrent à la vue un air de désolation. Le réel intérêt de cette rando réside dans les échanges avec notre guide et avec les villageois que l’on croise.

Des hommes et leurs buffles prennent la pose devant nos appareils photo, des femmes s’inquiètent de voir Jess les bras nus à cause du soleil…

 

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Jusqu’ici les réelles discussions avec des birmans ont été rares. Pendant le trek et le soir au village nous profitons de John et de son anglais parfaitement maitrisé pour qu’il nous parle de son pays, de la vie des paysans, de sa vision du futur. John est un fermier Palaung d’un petit village près de Hsipaw. Il a beaucoup voyagé dans son pays de 20 à 28 ans avant de revenir et de se marier. Son anglais appris à l’école publique, en cours du soir et en échangeant avec les touristes à la gare de Kyaukme ferait envie à beaucoup de français (pour ne pas citer Jess directement…). Son métier de guide, il l’exerce depuis plusieurs années de novembre à mars, le reste de l’année il cultive ses plantations de thé. Nous ne tardons pas à constater par nous même que les conditions de vie des fermiers dans les environs sont très mauvaises. En plus d’un petit (ridicule pour nous) salaire d’agriculteur, ils doivent subir les pressions des armées rebelles. Lors de notre arrivée au village, nous croisons 2 jeunes armés de leur mitraillette, grand sourire aux lèvres. Le soir venu dans la maison où nous dormons, ce mêmes hommes armés s’installent à la table à côté de la notre, comme s’ils étaient chez eux. John nous explique alors que le pays compte 17 communautés ethniques et minorités différentes. 12 d’entre elles sont armées et puissantes, ici les Shans, ailleurs les Kachins ou les Karens…. Aujourd’hui ces armées rebelles viennent « recruter » les jeunes (3 ans pour les filles et 4 pour les hommes) et si les parents refusent, ils doivent passer à la caisse. Pour la « protection » du village, ils doivent passer à la caisse. Notre guide possède des plantations de thé, s’il veut les mettre en location et partir s’installer ailleurs, les rebelles récupèreront ses terres et pour pouvoir être de nouveaux chez lui…. Il devra passer à la caisse. Bref en plus d’un gouvernement qui semble avoir oublié son peuple, les armées rebelles rendent les campagnes malsaines et dangereuses (selon notre guide). On comprend donc pourquoi beaucoup de villageois souhaitent s’installer en ville. Moins sérieusement il nous raconte pas mal d’anecdotes de trek et de touristes, du pays, de la chine voisine le tout autour d’une bouteille de saké (lao lao). Nous avons passé un excellent moment.

 

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Pyin OO Lwin

 

Sur la route pour Mandalay, nous faisons une halte de 2 jours à Pyin OO Lwin (on a toujours pas vraiment compris comment ça se prononce…..). Le trajet en bus quoi que traversant une très jolie route de montagne, est quelque peu perturbé par un monsieur assis juste derrière Jess. Les birmans sont souvent malades en bus nous a-t-on dit! On a pu le constater… Le pauvre homme à vomis non-stop et très bruyament pendant 4h….. Pas mécontents d’être arrivés, on teste les moto-taxis avec nos backpacks. Nickel, même si les chauffeurs se sont un peu perdus dans la ville.

Encore à vélo (non, non, ne croyez pas que l’on devienne sportifs!), nous découvrons cette « station d’altitude ». Rien à voir avec nos « stations » à la française, ils ne doivent pas souvent voir de la neige ici… Ils n’en n’ont certainement jamais vu d’ailleurs…  La ville garde des traces de son ancien statut de capitale d’été à la période coloniale : le niveau de vie parait bien plus aisé et les bâtiments coloniaux subsistent.

Ici aussi, le contact avec les birmans est charmant. Dans beaucoup d’endroit l’anglais se limite à « hello » et « thank you ». Dans un petit café excentré, les femmes viennent à 3 ou 4 pour nous servir et s’empressent de nous offrir une énorme boite de gâteaux bien crémeux et bien gras pour accompagner le café local dont le goût est plus proche du chocolat chaud que du café.

 

Le jardin botanique doit être l’attraction favorite des habitants. On croise des écoles, des familles accompagnés d’un photographe pour immortalisé le petit dernier avant qu’il ne devienne grand, etc….

 

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